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Le piratage des ebooks

Par Jupiter Phaeton

Ah le piratage ! On pourrait penser que c’est une époque révolue, qu’avec tous les outils d’abonnement à notre disposition, à prix modique, les utilisateurs auraient cessé d’utiliser les sites de téléchargement illégal. Que nenni ! Tu veux une statistique flippante ? En Allemagne, on pense qu’un ebook sur dix seulement est téléchargé de manière légale… ce qui signifie que neuf téléchargements sur dix se font via des plateformes de piratage.

Génial, hein ? Ça fait rêver. C’est l’envers du décor du monde virtuel. Le piratage des ebooks numériques est toujours à la mode, pour plusieurs raisons : la multiplicité des formats ebooks pour commencer. Si des plateformes comme la FNAC utilisent le format EPUB, ce n’est pas le cas d’Amazon, qui utilise un format spécifique KINDLE. Sans liseuse Kindle, c’est complexe d’aller lire les ebooks téléchargés via Amazon. Il faut passer par un logiciel pour les transformer, mais avant même de savoir faire ça, il faut réussir à les récupérer sur sa liseuse… Alors qu’on peut aller les récupérer directement au bon format sur un site de piratage ! La manipulation est presque plus simple, et puis tant pis si c’est illégal, n’est-ce pas ? Tant pis pour l’auteur, l’illustrateur et les personnes qui ont donné de leur temps pour cette oeuvre. Nous vivons à l’ère du gratuit. Le contenu Youtube est gratuit, la musique paraît gratuite parce que payer son abonnement Spotify ou Deezer est rentré dans les mœurs (et puis on peut aussi ne pas payer d’abonnement et accepter d’écouter les publicités), payer son abonnement Netflix aussi et encore mieux, pour ceux qui ont déjà l’abonnement pour la livraison Prime d’Amazon, Prime Video est inclus ! On a l’impression que le contenu est accessible massivement et gratuitement. Et si l’abonnement Kindle existe bien, comme tout le contenu n’est pas dessus et qu’en plus il est protégé par un format spécifique, certains continuent de télécharger…

Les statistiques sur le téléchargement illégal sont assez mal documentées en Europe, pour plusieurs raisons : d’abord parce que c’est du déclaratif, c’est-à-dire que les personnes sont interrogées sur la base de leur bonne foi, donc forcément, tout le monde n’a pas envie de dire, même anonymement, que la pratique usuelle pour eux, c’est de télécharger illégalement plutôt que d’acheter ou de passer par un abonnement. Ensuite, rien que les données sur les ventes des ebooks sont déjà mal renseignées en Europe, alors forcément, quand on n’a déjà pas un chiffre très clair du nombre de lecteurs numériques légaux, c’est encore plus difficile d’aller trouver le pendant illégal. Si on croit les dernières statistiques d’une étude de Sondage OpinionWay pour SOFIA/SNE/SGDL qui date de 2019, 22% des lecteurs en France sont des lecteurs numériques, ce sont des heavy consumers, c’est-à-dire que ce sont des grands lecteurs, qui consomment beaucoup plus de livres que la moyenne des lecteurs en France. Si la tendance va vers l’augmentation du nombre de livres qu’ils lisent par an, ils dépensent en revanche beaucoup moins et vont plus facilement vers les livres gratuits, les offres promotionnelles et… surprise : le téléchargement illégal ! 22% des lecteurs numériques auraient eu recours au téléchargement illégal, soit un peu plus d’un cinquième des lecteurs numériques. Rien d’alarmant quand on voit que les statistiques en Allemagne sont beaucoup plus affolantes (rappel : 9 ebooks sur 10 seraient téléchargés illégalement en Allemagne et oui je compte encore le répéter une autre fois dans cet article tellement je ne m’en remets pas).

Qu’est-ce qui m’a amené à m’intéresser au piratage illégal ? C’est une amie autrice qui a découvert que ses livres étaient tous disponibles sur un site bien connu de téléchargement illégal qui m’a fait me dire “hmmm les miens aussi“. Bon, évidemment, les miens aussi y étaient. Je me suis donc posée la question de savoir comment lutter contre ces piratages, tout en me disant “ce n’est qu’un cinquième de mon marché, ce n’est pas si grave“. Ah, mais si seulement les statistiques avaient raison !

En creusant le sujet, j’ai découvert que mes livres étaient dix fois plus téléchargés illégalement qu’ils ne l’étaient légalement. Pour vous donner une indication plus parlante : on parle de 550 000 téléchargements illégaux environ en 2019 contre un peu plus de 60 000 ventes légales pour la totalité de mes romans. Voilà, voilà. Ça fait réfléchir, hein ? Entre l’abonnement Kindle et la vente, on peut arrondir le bénéfice par ebook à 3 euros pour faire simple disons, ça fait donc 1 650 000 euros de revenus qui disparaissent si on veut exagérer le trait. Parce qu’évidemment, il y a beaucoup de gens qui n’auraient pas pris ce livre et ne l’auraient pas lu s’ils n’avaient pas été disponible au téléchargement. Mais si seulement 10% de ces gens avaient acheté les livres… eh bien ça représente déjà 165 000 euros, soit mes revenus de 2019 en gros. Ça double mes revenus. Non pas que j’en aie besoin. Mais c’est pour vous donner une idée de ce que ça représente.

Faut-il lutter contre le piratage illégal ? Il y a deux écoles. La première, c’est de se dire “oui je veux lutter contre le piratage illégal” et vous mettez toutes les raisons que vous voulez derrière, vous êtes dans votre bon droit de toute façon, c’est votre oeuvre, ce sont vos droits d’auteur. Il existe des sociétés auprès desquelles vous pouvez payer un abonnement pour qu’elles vous remontent tous les liens sur lesquels vos œuvres sont disponibles illégalement, à charge ensuite pour vous d’aller faire les démarches pour faire retirer vos œuvres de ces sites. Pour ma part, j’ai employé brièvement (pendant deux mois), une entreprise qui allait au bout de la démarche, jusqu’à faire retirer les œuvres par signature numérique de ces sites. J’ai trouvé la solution très efficace ! En une semaine, mes ventes ont gonflé de 30% sans qu’il y ait de nouvelles sorties ebooks ou de promotions en cours, pour un coût dérisoire. Malheureusement, pour diverses raisons, la société a dû fermer ses portes et les autres acteurs du marché ne vont pas tout au bout de la démarche. C’est donc une de mes assistantes qui se charge actuellement de relever les sites internet sur lesquels mes livres sont disponibles gratuitement et qui fait les démarches nécessaires pour les faire retirer. Je vais mesurer pendant encore trois mois l’impact que ça peut avoir sur mes ventes, pour voir si je continue ce processus. Car il y a une deuxième école, bien sûr.

Il y a une stratégie qui consiste à dire : ok mes livres sont disponibles au téléchargement illégal, mais la plupart des gens qui téléchargent ne passent pas à l’achat si le livre n’est pas disponible au téléchargement. Or, ces gens qui téléchargent, parlent tout de même de votre oeuvre autour d’eux, ils communiquent sur les réseaux, ils ont des amis, de la famille… en temps normal, ils n’auraient pas acheté votre livre et il ne serait pas tombé entre leurs mains. Mais le fait de l’avoir à disposition gratuitement les a fait passer à l’acte et résultat ? Ils sont devenus vos ambassadeurs. C’est très difficile de mesurer l’impact que les réseaux, les bookstagrameurs et les booktubeurs peuvent avoir sur vos ventes, mais cet impact est réel malgré tout. Une stratégie, très utilisée par les américains, consiste à laisser les premiers tomes de ses séries en téléchargement illégal et à faire retirer uniquement les tomes suivants. Si les gens ont aimé, ils passeront à l’achat pour la suite… C’est plus facile de convertir en achat quelqu’un qui a lu et aimé le premier tome, pour un achat de tome deux, que de convertir en achat quelqu’un qui n’a encore jamais lu.

J’ai, malgré moi, testé la deuxième stratégie pendant de nombreux mois, sans me rendre compte de l’importance des téléchargements, je teste actuellement la première, qui consiste à faire des efforts pour lutter contre, mais je ne suis pas certaine de poursuivre cette stratégie à l’avenir. J’aime avoir des chiffres sous les yeux pour prendre des décisions, je vais donc mesurer l’impact du retrait de mes livres des plateformes de téléchargement et voir si ça vaut l’énergie, le temps et l’argent investis. Car mine de rien, le temps de mon assistante, c’est de l’argent ! Je vous ferai un bilan dans quelques mois à ce sujet, pour l’instant les deux seules statistiques que je peux vous partager et vous marteler sont les suivantes : en Allemagne, neuf ebooks sur dix sont téléchargés illégalement (parce que les allemands considèrent que ce contenu devrait être gratuit) et pour un téléchargement légal d’un de mes livres, il y a potentiellement dix téléchargements illégaux.

Toujours selon l’étude de Sondage OpinionWay pour SOFIA/SNE/SGDL de 2019, près de 7 lecteurs sur 10 n’auraient jamais eu recours à une offre illégale… j’ai des doutes sur ça ! Soit les gens ont du mal à dire la vérité, même dans le cadre d’études anonymes (enfin je veux dire, même si on vous disait que c’est anonyme, est-ce que vous auriez envie de dire que vous téléchargez illégalement ? Surtout quand on vous parle du droit d’auteur ensuite… ça fait un peu culpabiliser, non ?), soit les statistiques que j’ai récupérées des divers sites de téléchargement illégaux sont complètement erronées (c’est possible également ! Mais dans ce cas, d’où vient cette augmentation subite de 30% de mes ventes suite à la disparition temporaire de mes romans des plateformes de téléchargement ?). Enfin, en toute transparence, difficile de dire qui a raison. Néanmoins, le téléchargement illégal d’ebooks, c’est quelque chose de vrai, de réel et qui a un impact. On peut voir l’impact négatif : le manque de revenus à gagner pour l’auteur. On peut aussi voir l’impact positif : votre livre se répand comme une traînée de poudre…

Si vous voulez un peu plus d’informations sur comment lutter contre le piratage de vos livres numériques, vous pouvez m’écrire directement via la page contact du blog. Vous savez que je suis toujours à disposition pour répondre à vos questions. J’ai également compléter sur le sujet dans l’article Mon point de vue sur le piratage.

D’ici là, personnellement, j’ai décidé de voir ça comme une marque de succès, autant de téléchargements illégaux, ça reste la classe ! Je pensais avoir un certain nombre de lecteurs (liés à mes chiffres de ventes), je découvre qu’en fait, il y en a toute une partie que j’ignorais totalement ! Et finalement, ça fait plaisir de se dire qu’on est autant lu. Au minimum, j’ai deux fois plus de lecteurs que ce que j’imaginais (car malgré les statistiques de l’étude dont je vous parle, avec ce que j’ai rassemblé comme statistiques de mon côté via des collègues auteurs, je peux vous assurer qu’au strict minimum, à chaque ebook téléchargé légalement, il y a un ebook téléchargé illégalement), au maximum j’en ai dix fois plus. Dingue, non ?

Illustrations par la merveilleuse @blandine.pouchoulin

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32 Commentaires

L'Astre février 25, 2020 - 9:56

Terrifiant ! J’avais écrit un article l’an dernier sur la culture du gratuit sur internet, parce que ça me rend vraiment dingue ce vol généralisé et banalisé. Je ne pense pas en être victime parce que mon livre n’a pas de version numérique officielle. Mais dans l’absolu quand on voit à quel point les auteurs galèrent à avoir des revenus, un tel mépris c’est quand même affolant !

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L'Astre février 25, 2020 - 9:56

Terrifiant ! J’avais écrit un article l’an dernier sur la culture du gratuit sur internet, parce que ça me rend vraiment dingue ce vol généralisé et banalisé. Je ne pense pas en être victime parce que mon livre n’a pas de version numérique officielle. Mais dans l’absolu quand on voit à quel point les auteurs galèrent à avoir des revenus, un tel mépris c’est quand même affolant !

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Lutin82 février 25, 2020 - 10:48

Les lecteurs numériques lisent beaucoup, mais également des livres en VO. Les chiffres sont donc à regarder avec cette information.

Je ne connais pas assez bien le système dans la littérature blanche, en revanche, j’ai plus d’affinités avec la littérature de genre. Dans le monde anglo-saxon, les ebook sont nettement moins chers qu’en France, et bien souvent les premiers tomes de série, saga ou trilogie sont disponibles gratuitement sur les plateforme officielles et légales. Pas forcément les dernières nouveautés, toutefois, un nombre assez important est disponible et offre un choix très large (notamment sur Kobo). De plus, ils n’hésitent pas à faire des promo plus qu’intéressantes, avec des bouquin à moins de 1€.( Seul Bragelonne a cette démarche dans l’édition en France. )
Pirater dans ces conditions relève de l’envie et non de la nécessité…

Dans la SFFF, le sujet est évoqué de manière transparente, et beaucoup de lecteurs reconnaissent pirater de temps à autres, essentiellement les maisons qui ne “jouent” pas le jeu du numérique, en proposant des titres à 70% du prix du livre papier, tandis que pour d’autres nous sommes en deçà de 50%. Les livres numériques plus onéreux que le poche a tendance à émouvoir également. Cela n’excuse en rien l’acte de piller une oeuvre culturelle, mais explique un des ressorts.

Merci pour cet article très intéressant.

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Lutin82 février 25, 2020 - 10:48

Les lecteurs numériques lisent beaucoup, mais également des livres en VO. Les chiffres sont donc à regarder avec cette information.

Je ne connais pas assez bien le système dans la littérature blanche, en revanche, j’ai plus d’affinités avec la littérature de genre. Dans le monde anglo-saxon, les ebook sont nettement moins chers qu’en France, et bien souvent les premiers tomes de série, saga ou trilogie sont disponibles gratuitement sur les plateforme officielles et légales. Pas forcément les dernières nouveautés, toutefois, un nombre assez important est disponible et offre un choix très large (notamment sur Kobo). De plus, ils n’hésitent pas à faire des promo plus qu’intéressantes, avec des bouquin à moins de 1€.( Seul Bragelonne a cette démarche dans l’édition en France. )
Pirater dans ces conditions relève de l’envie et non de la nécessité…

Dans la SFFF, le sujet est évoqué de manière transparente, et beaucoup de lecteurs reconnaissent pirater de temps à autres, essentiellement les maisons qui ne “jouent” pas le jeu du numérique, en proposant des titres à 70% du prix du livre papier, tandis que pour d’autres nous sommes en deçà de 50%. Les livres numériques plus onéreux que le poche a tendance à émouvoir également. Cela n’excuse en rien l’acte de piller une oeuvre culturelle, mais explique un des ressorts.

Merci pour cet article très intéressant.

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Lucie février 27, 2020 - 12:50

C’est une discussion que j’aie eue récemment avec une amie, qui me disait que c’était “idiot de payer pour un livre alors qu’il était disponible, parce que les maisons d’édition s’en mettaient plein des poches de toutes façons”.
En fait, la faible part de revenu de l’auteur sur l’achat d’un livre dans le circuit classique est tellement intériorisée par le public, que certains se disent qu’un peu plus ou un peu moins que presque rien, c’est pareil. Je pense qu’ils ont l’impression d’arnaquer les géants de la grande distribution, pas les petits auteurs.
Et le vrai problème je pense qu’il est là. L’auteur est considéré comme un artiste, et les artistes ça vit d’eau fraîche dans une mansarde, et ça tousse l’hiver…
Dans l’imaginaire collectif, ce n’est pas un vrai métier. Celui qui décide de se faire son petit plaisir en écrivant des livres devrait forcément avoir un métier à côté, se trouver un conjoint qui peut assurer pour deux, ou accepter sa précarité. J’ai beaucoup entendu ça dans le monde de la BD, où on se dit que les auteurs devraient déjà s’estimer très heureux d’être publiés. C’est fou quand même.

Répondre
Jupiter Phaeton mars 23, 2020 - 9:37

Effectivement, c’est un mal de notre siècle. En Allemagne d’ailleurs, où le téléchargement illégal est très présent, c’est la raison principale qu’évoquent les personnes qui téléchargent sans payer : elles estiment que les livres devraient être gratuit. On vit dans un monde de gratuité où l’argent que tu gagnes doit être presque caché, comme issu des revenus de la publicité par exemple.

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Lucie février 27, 2020 - 12:50

C’est une discussion que j’aie eue récemment avec une amie, qui me disait que c’était “idiot de payer pour un livre alors qu’il était disponible, parce que les maisons d’édition s’en mettaient plein des poches de toutes façons”.
En fait, la faible part de revenu de l’auteur sur l’achat d’un livre dans le circuit classique est tellement intériorisée par le public, que certains se disent qu’un peu plus ou un peu moins que presque rien, c’est pareil. Je pense qu’ils ont l’impression d’arnaquer les géants de la grande distribution, pas les petits auteurs.
Et le vrai problème je pense qu’il est là. L’auteur est considéré comme un artiste, et les artistes ça vit d’eau fraîche dans une mansarde, et ça tousse l’hiver…
Dans l’imaginaire collectif, ce n’est pas un vrai métier. Celui qui décide de se faire son petit plaisir en écrivant des livres devrait forcément avoir un métier à côté, se trouver un conjoint qui peut assurer pour deux, ou accepter sa précarité. J’ai beaucoup entendu ça dans le monde de la BD, où on se dit que les auteurs devraient déjà s’estimer très heureux d’être publiés. C’est fou quand même.

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Jupiter Phaeton mars 23, 2020 - 9:37

Effectivement, c’est un mal de notre siècle. En Allemagne d’ailleurs, où le téléchargement illégal est très présent, c’est la raison principale qu’évoquent les personnes qui téléchargent sans payer : elles estiment que les livres devraient être gratuit. On vit dans un monde de gratuité où l’argent que tu gagnes doit être presque caché, comme issu des revenus de la publicité par exemple.

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Morisato mars 5, 2020 - 9:17

Et pour 1000 livres téléchargés, combien sont lus réellement ? A mon avis, très peu.
Les gens collectionnent les téléchargements comme des vignettes Panini.

Répondre
Jupiter Phaeton mars 23, 2020 - 9:34

Tout à fait ! C’est pour ça qu’il ne faut pas s’imaginer que tous les téléchargements illégaux auraient pu se transformer en achat 🙂

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Morisato mars 5, 2020 - 9:17

Et pour 1000 livres téléchargés, combien sont lus réellement ? A mon avis, très peu.
Les gens collectionnent les téléchargements comme des vignettes Panini.

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Jupiter Phaeton mars 23, 2020 - 9:34

Tout à fait ! C’est pour ça qu’il ne faut pas s’imaginer que tous les téléchargements illégaux auraient pu se transformer en achat 🙂

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Nox avril 20, 2020 - 4:07

Très intéressant cet article ! Autant de différente entre l’acheté et le piraté… ah ouais quand même

Je reste persuadée que, comme tu dis, laisser un minimum dispo peut permettre d’avoir de la pub et du bouche à oreille. L’idée anglosaxonne du premier tome téléchargeable gratuitement me parait très bonne …

Bien que je ne sois pas concernée directement (je ne lis pas d’ebook et ce que j’écris est loin d’être publié sous quelque forme que ce soit 😉 ) je travaille aussi dans une profession qui souffre de cette “culture du gratuit” (qu iest aussi très française, non ?) … alors je compatis 😉

Mais les mentalités changent quand on ne baisse pas les bras !
il suffit de regarder en arrière pour s’en rendre compte : au début d’internet, tout le monde pensait que le cinéma s’écroulerait, que les livres papiers n’existeraient plus et que la musique sous forme de CD ne se vendrait plus non plus, et on voit que finalement le monde continue de tourner en quelque sorte ^^

Pour moi le vrai problème c’est le système (capitaliste) dans lequel le dernier maillon de la chaîne (la ME dans la littérature, comme la grande distribution dans le monde agricole par exemple) impose une telle marge lors de la vente, que le revenu du producteur/auteur revient à zéro ….
Bref… on va pas refaire le monde en commentaire ^^ mais cet article est très instructif 🙂

Répondre
Jupiter Phaeton avril 26, 2020 - 5:17

Merci pour ton message !
Dans quelle profession est-ce que tu travailles si ce n’est pas indiscret ?
Oui, je crois que le problème est bien plus important que le téléchargement, je ne jette pas la pierre à la ME dans le monde de l’édition, car ils prennent des risques et au final, quand on regarde le découpage du prix du livre, ils ne gagnent pas tant que ça (j’en parle dans mon ebook sur l’auto-édition si tu veux, il est dispo gratuitement en téléchargement sur le site). Mais il y a clairement un coup de pied à mettre dans cette industrie pour la rafraîchir…

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Nox avril 20, 2020 - 4:07

Très intéressant cet article ! Autant de différente entre l’acheté et le piraté… ah ouais quand même

Je reste persuadée que, comme tu dis, laisser un minimum dispo peut permettre d’avoir de la pub et du bouche à oreille. L’idée anglosaxonne du premier tome téléchargeable gratuitement me parait très bonne …

Bien que je ne sois pas concernée directement (je ne lis pas d’ebook et ce que j’écris est loin d’être publié sous quelque forme que ce soit 😉 ) je travaille aussi dans une profession qui souffre de cette “culture du gratuit” (qu iest aussi très française, non ?) … alors je compatis 😉

Mais les mentalités changent quand on ne baisse pas les bras !
il suffit de regarder en arrière pour s’en rendre compte : au début d’internet, tout le monde pensait que le cinéma s’écroulerait, que les livres papiers n’existeraient plus et que la musique sous forme de CD ne se vendrait plus non plus, et on voit que finalement le monde continue de tourner en quelque sorte ^^

Pour moi le vrai problème c’est le système (capitaliste) dans lequel le dernier maillon de la chaîne (la ME dans la littérature, comme la grande distribution dans le monde agricole par exemple) impose une telle marge lors de la vente, que le revenu du producteur/auteur revient à zéro ….
Bref… on va pas refaire le monde en commentaire ^^ mais cet article est très instructif 🙂

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Jupiter Phaeton avril 26, 2020 - 5:17

Merci pour ton message !
Dans quelle profession est-ce que tu travailles si ce n’est pas indiscret ?
Oui, je crois que le problème est bien plus important que le téléchargement, je ne jette pas la pierre à la ME dans le monde de l’édition, car ils prennent des risques et au final, quand on regarde le découpage du prix du livre, ils ne gagnent pas tant que ça (j’en parle dans mon ebook sur l’auto-édition si tu veux, il est dispo gratuitement en téléchargement sur le site). Mais il y a clairement un coup de pied à mettre dans cette industrie pour la rafraîchir…

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Juliette juillet 3, 2020 - 1:41

Je découvre ton blog! Merci pour ta transparence et le partage de toutes ces infos, c’est super intéressant.

Répondre
Juliette juillet 3, 2020 - 1:41

Je découvre ton blog! Merci pour ta transparence et le partage de toutes ces infos, c’est super intéressant.

Répondre
dcedv juillet 9, 2020 - 8:33

Merci pour cet article, super clair et documenté, comme toujours.

Je me permets de glisser un mot ici. J’ai découvert le piratage de l’ebook d’un amie, Elodie Lauret.
Alors, je ne pense pas que l’argument “C’est cool qu’on me lise, même illégalement, une marque de succès” tienne plus de 5 minutes.
On a piraté le Chronophage, son tout premier roman publié, dès le lendemain de la sortie il y a un mois !
Il a été téléchargé plus de 160 fois (par rapport à ses 33 ventes sur KDP, la pauvre, elle a les b**).
Donc, ça prouve que ce piratage est généralisé, tient de la systématique et du cynisme le plus complet.
Si toi aussi, tu as eu un rebond de 30%, tu imagines le manque à gagner pour tous les auteurs, autopublié ou non !!

Sous prétexte de liberté, trop de monde fait ce qui l’arrange sur internet.
Sauf que la liberté s’arrête où commence celle des autres (et accessoirement son gagne-pain).

Répondre
dcedv juillet 9, 2020 - 8:33

Merci pour cet article, super clair et documenté, comme toujours.

Je me permets de glisser un mot ici. J’ai découvert le piratage de l’ebook d’un amie, Elodie Lauret.
Alors, je ne pense pas que l’argument “C’est cool qu’on me lise, même illégalement, une marque de succès” tienne plus de 5 minutes.
On a piraté le Chronophage, son tout premier roman publié, dès le lendemain de la sortie il y a un mois !
Il a été téléchargé plus de 160 fois (par rapport à ses 33 ventes sur KDP, la pauvre, elle a les b**).
Donc, ça prouve que ce piratage est généralisé, tient de la systématique et du cynisme le plus complet.
Si toi aussi, tu as eu un rebond de 30%, tu imagines le manque à gagner pour tous les auteurs, autopublié ou non !!

Sous prétexte de liberté, trop de monde fait ce qui l’arrange sur internet.
Sauf que la liberté s’arrête où commence celle des autres (et accessoirement son gagne-pain).

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Anonyme août 15, 2020 - 4:46

Bonjour
Je suis fan de la serie Perry Rhodan, je les achetent sur Amazon et avec du mérite, car je paye le format numérique 9€99 alors que le format papier est à 8€60.
Cela est presque le cas pour tous les livres, le Kindle est souvent 1€ plus cher que la version papier. Ou est le problème.
Donc le paye les Perry Rhodan car je veux soutenir les auteurs, et faire perdurer la série, le reste je télécharge.

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Anonyme août 15, 2020 - 4:46

Bonjour
Je suis fan de la serie Perry Rhodan, je les achetent sur Amazon et avec du mérite, car je paye le format numérique 9€99 alors que le format papier est à 8€60.
Cela est presque le cas pour tous les livres, le Kindle est souvent 1€ plus cher que la version papier. Ou est le problème.
Donc le paye les Perry Rhodan car je veux soutenir les auteurs, et faire perdurer la série, le reste je télécharge.

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FR août 24, 2020 - 11:34

Malheureusement le pouvoir d’achat de vos lecteurs (ou non d’ailleurs… j’estime que seulement 1 à 2% des livres téléchargés sont lus !) n’est pas extensible : il y a ceux qui achètent vos livres, et ceux qui dépensent….autrement… et certainement des biens matériels non piratables. Et si vos livres n’étaient pas piratables, le choix serait vite fait : les gens seraient plus malheureux et mourraient plus cons… ne leurs en voulez pas et priez pour que la société de consommation ne signe pas notre perte ! La culture est en danger, plus que jamais, c’est certain…

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FR août 24, 2020 - 11:34

Malheureusement le pouvoir d’achat de vos lecteurs (ou non d’ailleurs… j’estime que seulement 1 à 2% des livres téléchargés sont lus !) n’est pas extensible : il y a ceux qui achètent vos livres, et ceux qui dépensent….autrement… et certainement des biens matériels non piratables. Et si vos livres n’étaient pas piratables, le choix serait vite fait : les gens seraient plus malheureux et mourraient plus cons… ne leurs en voulez pas et priez pour que la société de consommation ne signe pas notre perte ! La culture est en danger, plus que jamais, c’est certain…

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Alex septembre 23, 2020 - 2:40

J’aime beaucoup cet article très instructif, étant moi-même une grosse consommatrice de livres numériques depuis des années j’aimerai apporter quelques réflexions complémentaires …
D’abord j’ai été surprise par les prix des livres numériques, circuit de distribution ultra court vs un livre papier & frais de prod = quasi 0 contre les frais d’impression, de papier, de livraison & coûts de distribution d’un livre papier …, pour un prix de vente quasi identique. Ceci n’est pas très correct pour le consommateur…
D’autre part comme tous les lecteurs j’ai commencé par les livres papier que l’on peut prêter librement à X personnes sans que personne ne s’offusque de la démarche & pourtant là aussi on peut considérer qu’il y a un manque à gagner pour l’auteur …
Et enfin (quelque chose qui m’ennuie énormément ), je constate que les éditeurs découpent de plus en plus les livres pour proposer plusieurs tomes (des fois très courts) pour augmenter de manière discrète le prix de l’oeuvre (comme c’est désagréable surtout quand tout n’est pas disponible et qu’on découvre à la fin du livre que nous pourrons lire la suite le mois prochain…). Là encore le consommateur est pris pour un c…, c’est pénible.

Je ne souhaite surtout pas avec ce commentaire cautionner ou non le piratage mais ce sont également des éléments à prendre en compte

Répondre
Jupiter Phaeton octobre 8, 2020 - 1:51

Hello Alex,
Merci pour tes réflexions sur le sujet, la discussion est ouverte de toute façon :). Comme je le disais dans mon article, ce n’est pas qu’un mal, c’est aussi un outil pour se promouvoir. Néanmoins, je te rejoins sur le prix de certains livres numériques, comme j’évolue parmi les auto-édités, nous sommes “loin” de ces prix au format papier, les romans d’auto-édités tournant plutôt autour de 2,99 à 5,99 euros, quand tu ne peux pas les avoir en promo (du type 0,99 euro en promo) ou à travers l’abonnement Kindle (où la majorité des auto-édités se trouvent) qui te permet de lire autant de livres que tu veux pour un montant de 9,99€ par mois. Et qui rémunère malgré tout à sa juste valeur l’auteur (plus qu’une maison d’édition classique). Dans l’abonnement Kindle, le prêt du livre est autorisé, tu peux l’envoyer pour le prêter pendant 14 jours à quelqu’un d’autre. Je ne connais pas les modalités des autres abonnements hors Kindle.
D’une manière générale, je suis pour les relations gagnante-gagnante : que le lecteur y trouve son compte (et je pense que l’abonnement Kindle est un excellent moyen pour ça) et l’auteur aussi (un auteur gagne un peu moins dans l’abonnement kindle qu’à travers ses ventes mais il a aussi un plus grand potentiel d’être emprunté et de toucher plus de monde).
Je suis d’accord que si les prix des “grands éditeurs” en numérique étaient plus bas, peut-être que le piratage serait moins massif. Le problème vient de leur tendance à ne pas se tourner vers le public numérique et à s’adapter aux prix du marché numérique. Néanmoins il faut noter qu’ils passent aussi par des distributeurs pour le numérique, ce qui rajoute une commission, qu’Amazon prend aussi une commission. Même si ça n’a pas l’ampleur des commissions papier où il y a distributeur, diffuseur, libraire (et imprimeur donc).

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Alex septembre 23, 2020 - 2:40

J’aime beaucoup cet article très instructif, étant moi-même une grosse consommatrice de livres numériques depuis des années j’aimerai apporter quelques réflexions complémentaires …
D’abord j’ai été surprise par les prix des livres numériques, circuit de distribution ultra court vs un livre papier & frais de prod = quasi 0 contre les frais d’impression, de papier, de livraison & coûts de distribution d’un livre papier …, pour un prix de vente quasi identique. Ceci n’est pas très correct pour le consommateur…
D’autre part comme tous les lecteurs j’ai commencé par les livres papier que l’on peut prêter librement à X personnes sans que personne ne s’offusque de la démarche & pourtant là aussi on peut considérer qu’il y a un manque à gagner pour l’auteur …
Et enfin (quelque chose qui m’ennuie énormément ), je constate que les éditeurs découpent de plus en plus les livres pour proposer plusieurs tomes (des fois très courts) pour augmenter de manière discrète le prix de l’oeuvre (comme c’est désagréable surtout quand tout n’est pas disponible et qu’on découvre à la fin du livre que nous pourrons lire la suite le mois prochain…). Là encore le consommateur est pris pour un c…, c’est pénible.

Je ne souhaite surtout pas avec ce commentaire cautionner ou non le piratage mais ce sont également des éléments à prendre en compte

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Jupiter Phaeton octobre 8, 2020 - 1:51

Hello Alex,
Merci pour tes réflexions sur le sujet, la discussion est ouverte de toute façon :). Comme je le disais dans mon article, ce n’est pas qu’un mal, c’est aussi un outil pour se promouvoir. Néanmoins, je te rejoins sur le prix de certains livres numériques, comme j’évolue parmi les auto-édités, nous sommes “loin” de ces prix au format papier, les romans d’auto-édités tournant plutôt autour de 2,99 à 5,99 euros, quand tu ne peux pas les avoir en promo (du type 0,99 euro en promo) ou à travers l’abonnement Kindle (où la majorité des auto-édités se trouvent) qui te permet de lire autant de livres que tu veux pour un montant de 9,99€ par mois. Et qui rémunère malgré tout à sa juste valeur l’auteur (plus qu’une maison d’édition classique). Dans l’abonnement Kindle, le prêt du livre est autorisé, tu peux l’envoyer pour le prêter pendant 14 jours à quelqu’un d’autre. Je ne connais pas les modalités des autres abonnements hors Kindle.
D’une manière générale, je suis pour les relations gagnante-gagnante : que le lecteur y trouve son compte (et je pense que l’abonnement Kindle est un excellent moyen pour ça) et l’auteur aussi (un auteur gagne un peu moins dans l’abonnement kindle qu’à travers ses ventes mais il a aussi un plus grand potentiel d’être emprunté et de toucher plus de monde).
Je suis d’accord que si les prix des “grands éditeurs” en numérique étaient plus bas, peut-être que le piratage serait moins massif. Le problème vient de leur tendance à ne pas se tourner vers le public numérique et à s’adapter aux prix du marché numérique. Néanmoins il faut noter qu’ils passent aussi par des distributeurs pour le numérique, ce qui rajoute une commission, qu’Amazon prend aussi une commission. Même si ça n’a pas l’ampleur des commissions papier où il y a distributeur, diffuseur, libraire (et imprimeur donc).

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John Stone mars 4, 2021 - 5:55

Contactez ce type pour des problèmes tels que le piratage des e-mails, Facebook, Twitter, Instagram, les changements de note, la suppression du casier judiciaire, la recharge de crédit et de débit, le rechargement des documents d’assurance, la récupération de fichiers perdus ou perdus, la vérification des antécédents des personnes et des organisations Surveillez les activités de votre conjoint concernant le téléphone et médias sociaux et contactez-le à danieldimitri1@outlook.com ou envoyez-lui un SMS sur WhatsApp +1 (602) 609-4730, il est très digne de confiance…

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John Stone mars 4, 2021 - 5:55

Contactez ce type pour des problèmes tels que le piratage des e-mails, Facebook, Twitter, Instagram, les changements de note, la suppression du casier judiciaire, la recharge de crédit et de débit, le rechargement des documents d’assurance, la récupération de fichiers perdus ou perdus, la vérification des antécédents des personnes et des organisations Surveillez les activités de votre conjoint concernant le téléphone et médias sociaux et contactez-le à danieldimitri1@outlook.com ou envoyez-lui un SMS sur WhatsApp +1 (602) 609-4730, il est très digne de confiance…

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Mon point de vue sur le piratage – Jupiter Phaeton avril 14, 2021 - 7:22

[…] les livres et des revenus que ça leur vole, j’avais déjà fait un article sur le piratage ici, mais je ne me suis pas vraiment exprimée concernant mon point de vue sur la question et […]

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Mon point de vue sur le piratage – Jupiter Phaeton avril 14, 2021 - 7:22

[…] les livres et des revenus que ça leur vole, j’avais déjà fait un article sur le piratage ici, mais je ne me suis pas vraiment exprimée concernant mon point de vue sur la question et […]

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