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Pourquoi ouvrir sa maison d’édition ?

Par Jupiter Phaeton
Pourquoi une maison d'édition

Plein de personnes m’écrivent pour me demander comment ouvrir sa maison d’édition et généralement, ma première réponse à cette question est… une question, qui ressemble à « tu veux publier uniquement tes romans ou également les romans d’autres personnes ? ».

Ça paraît sûrement évident à plein d’entre vous, mais ça ne l’est pas pour tout le monde et je réalise que j’ai peut-être envoyé un signal étrange à certains, et ça ne les a pas aiguillés dans la bonne direction, puisqu’à la base j’ai créé ma maison d’édition… pour me publier moi-même.

Or, une maison d’édition, on en crée une quand on veut publier d’autres auteurs. Mais j’ai beaucoup d’auteurs qui viennent me voir par MP pour me demander comment ouvrir leur maison d’édition alors qu’ils souhaitent s’autoéditer.

Alors pourquoi est-ce que ce n’est pas nécessaire d’ouvrir sa maison d’édition pour s’autoéditer et pourquoi est-ce que je l’ai fait ?

Déjà, je n’ai pas toujours eu une maison d’édition, j’ai commencé comme micro-entrepreneur et c’est la voie que je conseille à tous les auteurs débutants, j’en parle dans ma formation 60 jours pour écrire son roman et j’explique même à quel moment l’ouvrir, pourquoi il ne faut pas se précipiter.

On va prendre les choses à l’envers.

Pourquoi est-ce que j’ai ouvert ma maison d’édition ?

À la base, je ne comptais pas publier d’autres auteurs, cette envie est venue après. Mais si j’ai ouvert ma maison d’édition, c’est parce que j’avais dépassé les plafonds de revenus de microentreprise et que je ne pouvais plus rester dans ce statut juridique, je devais basculer vers le niveau supérieur (dans mon cas, une SASU).

Quitte à basculer au niveau supérieur, le plus intéressant pour moi financièrement était de créer une maison d’édition, pour pouvoir me faire un contrat d’auteur de moi-même… à moi-même, et me rémunérer en droits d’auteur, les droits d’auteur étant moins lourds en charges sociales que les cotisations sociales d’un gérant de SASU.

Tout ça est complètement logique dans mon cas puisque je suis l’autrice des romans que ma maison d’édition publie, j’ai donc deux casquettes : je suis présidente de ma SASU, mais présidente non rémunérée (je ne me verse ni salaire ni dividendes à ce titre) et je suis également une autrice publiée par ME (et pour ce statut, je me verse des droits d’auteur). Et en plus, ça me permet de conserver dans ma poche la perspective de publier d’autres auteurs et je garde cette annonce pour une prochaine fois, mais il se pourrait que vous voyiez enfin leur bouille, la couverture de leurs romans et que vous découvriez leurs textes.

Pourquoi ouvrir une maison d'édition

Pourquoi est-ce que je ne conseille pas à ceux qui veulent s’autoéditer d’ouvrir leur maison d’édition ?

Parce que si ton but, c’est uniquement de publier tes romans, une maison d’édition c’est une infrastructure très lourde financièrement, et tant que tes revenus ne sont pas stables, je te déconseille de le faire.

Je te donne un unique exemple : le coût comptable.

En tant que SASU ou SARL, ou autre structure juridique de même niveau, tu dois t’occuper de ta comptabilité (et tu dois le faire aussi en tant que micro-entrepreneur, mais il n’y a pas d’obligation d’avoir un expert-comptable) et dans la plupart des cas, les gens n’étant pas comptables eux-mêmes, ils prennent un cabinet d’expert-comptable pour gérer leur compta et valider leurs comptes. Ce coût, même si tu t’engages à préparer le mieux possible tes comptes, il est situé quelque part (pour commencer), entre 200 et 300 euros par mois. Et ça, c’est si tu n’as pas beaucoup de factures. Dans mon cas, on est plutôt au triple de ce montant maintenant. Et c’est par mois. Donc à l’année tu as déjà entre 2400 et 3600 euros qui partent en frais comptables, que tu fasses du chiffre d’affaires ou non.

Voilà juste un premier exemple de ce qui t’attend comme frais.

Du coup, si ton but c’est juste d’éditer tes romans et que tu démarres, que tu n’as pas atteint le plafond de microentreprise, je ne pense pas qu’ouvrir ta maison d’édition soit nécessaire.

Quelques croyances que les gens ont en m’écrivant, ou plutôt quelques avantages qu’ils pensent qu’une maison d’édition offre

On peut négocier de meilleurs tarifs chez l’imprimeur

Pas du tout, la différence c’est qu’en tant que SASU, on ne paie pas la TVA, enfin on la paie, mais elle est reversée à l’État, et de la même manière, quand on facture de la TVA de notre côté et qu’on la reçoit, on la reverse à l’État. Il y a un équilibre de TVA : si on a payé plus de TVA qu’on n’en a reçu, l’État nous rembourse, et si on a reçu plus de TVA que ce qu’on a payé, on reverse à l’État le trop-perçu, voilà comment ça fonctionne. Donc en gros, on ne regarde que les prix HT des imprimeurs, parce que la TVA, même si on la sort de notre trésorerie temporairement, ce n’est pas vraiment de l’argent qu’on paie. C’est un va-et-vient dans notre trésorerie. Donc oui, c’est « moins cher » dans le sens où on ne paie pas la TVA en tant que SASU alors qu’un micro-entrepreneur qui s’adresse à un imprimeur va payer la TVA. Mais le prix HT n’est pas moins cher parce qu’on est une maison d’édition, le prix se fait sur le volume à imprimer. Si tu as une maison d’édition et que tu imprimes 10 exemplaires, ou si tu es autoédité et que tu imprimes 10 exemplaires, l’imprimeur te fait le même prix.

On peut être publié en librairie

Alors déjà être publié en librairie, c’est à la portée de tout le monde, n’importe qui qui souhaite être publié en librairie peut faire imprimer ses romans, aller frapper à la porte des librairies et leur demander de mettre des exemplaires en rayon. La difficulté, c’est de frapper à la porte des plus de 3 000 librairies de France. Avoir une ME, ce n’est pas l’assurance d’être publié en librairie. Ce n’est pas parce que tu as tout à coup le statut de ME (Maison d’Édition) que tes livres apparaissent comme par magie en librairie. Tu dois faire appel à un distributeur (et potentiellement à un diffuseur aussi) pour rendre tes ouvrages disponibles en librairie (et à la commande uniquement si tu n’as pas de diffuseur, à moins que tu ailles frapper à la porte des plus de 3000 librairies de France… tiens, ça te rappelle quelque chose ? La distribution papier). Et si tu es micro-entrepreneur, tu peux aussi intégrer des circuits de distribution, différents de ceux des ME, comme ceux de books on demand par exemple, qui te permettront d’être disponible à la commande en librairie. Et pour être sur les rayons, devine quoi ? Il faut frapper à la porte des plus de 3000 librairies de France… oui, parce qu’en fait c’est le diffuseur (les équipes commerciales qui pitchent ton livre aux libraires) qui peut vraiment faire en sorte que tu sois sur les rayons. Donc avoir un circuit de distribution, c’est plutôt une question logistique, valable pour tous les statuts. Avoir un diffuseur, c’est une question d’argent et peu de ME peuvent se permettre d’avoir un diffuseur. Les plus grandes en ont évidemment, mais les plus petites s’en passent.

Ça fait plus sérieux

Oui, alors là c’est une question de point de vue, hein, il y a des ME qui ne font pas sérieuses du tout, il y en a qui font très sérieuses, il y a des autoédités qui font très sérieux et d’autres pas du tout. Tout dépend du sérieux que tu mets dans ton travail, en fait ^^ Oui, c’est logique, hein ? Bien sûr qu’il y a encore beaucoup de préjugés contre les ME et si ça t’embête, rien ne t’empêche de mettre un nom de ME sur ta couverture de roman (comme le nom d’enseigne de ta microentreprise par exemple) si tu as peur que ça te desserve de ne pas en mettre. Mais ce n’est pas parce que tout à coup mes romans sont passés sous l’égide de Panda Jones que les gens me trouvent plus crédible ou qu’ils viennent me voir en mode « olalala, ce que c’est sérieux ce que vous faites » (note : personne n’est sérieux dans notre entreprise en plus, nos conversations whatsapp sont à des années-lumière de toute sériosité, oui j’invente des mots, NA).

rester zen avec une maison d'édition

J’espère que j’ai éclairci le sujet, je récapitule :

  • Si tu es en train de débuter et que tu veux t’autoéditer –> une micro-entreprise suffit et tu n’as pas besoin de l’ouvrir tout de suite ;
  • Si tu as fait péter le plafond de revenus de microentreprise (bravo !) –> tu peux créer une ME ;
  • Si tu veux éditer d’autres auteurs –> tu peux créer une ME, mais sache qu’il y a des coûts fixes importants.

Je t’embrasse et comme d’hab, je suis à ta dispo pour toute question,

Jupi

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